De opibus shogiis (1)

C’est dans le cadre somptueux de l’hôtel Fairmont que s’est déroulé, du 8 au 9 août, le second opus du Festival International de Shogi de Monaco. Avec la présence de Moriuchi 9 Dan et Kitao Joryu 2 Dan, cet événement profitait des bienfaits de la Méditerranée en plus de la publicité du Championnat du Monde de Backgammon se déroulant en parallèle. L’organisateur, Philippe Dovetta, a eu recours à une plume qui va devenir classique sur ce site, j’ai nommé Stéphane Launiau, pour rédiger une pépite d’article.

De opibus shogiis (1)

C’est dans le cadre somptueux de l’hôtel Fairmont que s’est déroulé, du 8 au 9 août, le second opus du Festival International de Shogi de Monaco. Le temps était magnifique, la mer d’un bleu immaculé, les limousines noires et les coupé-sport oranges (2). La salle était mise à disposition en accord avec les responsables du Championnat du Monde de Backgammon qui se jouait simultanément et que jouait un certain Toshiyuki Moriuchi (3). J’aimerais à ce sujet remercier chaleureusement l’équipe organisatrice de cette manifestation pour leur gentillesse et leur efficacité et je pense que ni l’organisateur, Philippe, ni notre marraine, Madoka ne me contrediront.

La première journée s’est déclinée en deux temps : la phase de poules qualificatives pour les coupes du lendemain et un tournoi de blitz. Alors que le tournoi commençait, nous avons eu l’immense joie de voir Moriuchi Meijin nous demander s’il était possible que son fils, Takayuki, 6 ans, joue ce tournoi. La question ne se posait même pas et Madoka Kitao lui a cédé sa place. Les parties furent disputées mais toujours dans une ambiance conviviale. Vers 15 heures, le verdict tombait et les phases finales étaient prêtes pour le lendemain. J’aimerais également signaler le fait que Toshiyuki Moriuchi a pendant ce temps fait des initiations sur le thème « Essayez de faire mat ». Ce n’est pas tous les jours que l’on voit des légendes, peu importe la discipline, s’intéresser ainsi à un groupe de débutants.

Le tournoi de blitz, au contraire des parties lentes, s’est joué à même la salle du tournoi de backgammon et a ainsi permis d’avoir une meilleure visibilité. Il est intéressant de noter que beaucoup de joueurs, intrigués, se sont retrouvés autour des tables et ont été un public respectueux mais enthousiaste. Beaucoup ont découvert l’existence du shogi à cette occasion et ont trouvé le principe sympathique. Sur les cinq participants, on a dû avoir recours à un blitz de départage pour les places 1 et 2, de même que pour les places 3 et 4 : c’est dire à quel point là aussi le tournoi était disputé. On notera d’ailleurs l’excellente performance de Philippe qui a remporté le tournoi ainsi que celle d’Adrien, le non-classé du tournoi, qui finit 3e.

Après, ce fut autour de l’arbitre (NDLR : Stéphane Launiau est arbitre FFS et arbitre fédéral d’échecs niveau 4) et de Madoka de faire le spectacle. Le matin, ils avaient fait un test de partie en double shogi/échecs avec handicap de temps. En clair, un shogiban et un échiquier posé côte à côte, deux pendules, l’arbitre d’un côté, la marraine de l’autre. Sur la pendule de shogi, 5 minutes pour Madoka, 25 pour Stéphane et l’inverse sur celle d’échecs. Le score, anecdotique, a été de 1 partout. Pour « l’exhibition » post-blitz, les temps ont été poussés à 10-25 et le score a été inversé. Commentaire des deux protagonistes : « c’est pas facile, l’air de rien ! ». Au final, et c’est le plus important, le spectacle a plu (4).

Le lendemain était le jour des phases finales sous la forme d’une coupe « haute » et d’une autre « basse ». Takayuki Moriuchi ne pouvant pas venir ce jour-là, il y a eu un bye. Là encore, les parties furent très disputées et à ce jeu, c’est Kota qui l’a emporté face à Yuji dans le tableau haut, Philippe prenant la 3e place après sa victoire sur Stéphane. Dans le tableau bas, Adrien empoche la 5ème place face à Sébastien, Armel complétant le classement.

La cérémonie de remise des prix s’est déroulée sous l’œil bienveillant de notre marraine qui nous a comblé de cadeaux. Des éventails dédicacés par Toshiyuki Moriuchi et par elle-même aux rectangles de carton « shikishi » papier en couleur en japonais, avec des trucs en kanjis écrit dessus, en passant par des clefs USB et son nouveau shogiban permettant de faire claquer les pièces dessus façon Hifumi Katou (5). Nous avons même eu l’honneur de pouvoir les faire dédicacer par Moriuchi Meijin. À ce sujet, j’aimerais préciser que chaque dédicace était différente et contenait un message empreint de sagesse à l’adresse de ceux qui se sont présentés devant lui. Quoi qu’il en soit, tous s’accordent à dire que ces moments partagés étaient des moments riches et précieux (6), et que le rendez-vous est pris pour l’année prochaine avec le championnat du monde de backgammon.

Voici les résultats finaux :

Poule A   1234T
NoguchiYujiJAP1849D1 1113
LauniauStéphaneFRA1382K50 112
BerceliotArmelFRA713K3000 00
MoriuchiTakayukiJAP K30001 1
          
Poule B   1234T
 KotaJAP2500+D5 (J) 1113
DovettaPhilippeFRA1670K10 112
FaberSébastienFRA929K1000 00
 AdrienFRA K30001 1

En dehors du tournoi à proprement parler, ce fut un moment d’échanges très conviviaux et j’aimerais à ce titre remercier Chieri et Sébastien pour leurs traductions, certes, mais d’abord et avant tout pour leur implication et leur gentillesse. C’est aussi grâce à eux que chacun a pu communiquer avec les autres en faisant tomber la barrière de la langue. Pour finir les remerciements, merci également au club de l’ASP pour son soutien logistique.

  1. Pour les non latinistes, ceci est un jeu de mots sur l’œuvre de Ciceron, De partitionibus oratoriis, rédigé en -54. Ceci pourrait se traduire par « à propos de la richesse shogiesque », « à propos des ressources shogiesques », « à propos de la puissance shogiesque »… entre autres notions. Mais ça permet surtout de se la péter un maximum avec un titre en latin !
  2. On s’autorise à penser, dans les milieux compétents, qu’il y avait une belle brochette de bijoux garés sur le parking entre les Cad***ac, les Por**he, les Lambo****ni, les A*di et les Mer***es, mais que toutes s’éclipsaient devant la perfection d’une Hyu**ai. Les noms ont bien évidemment été partiellement masqués de façon à ne créer du tort à aucun constructeur.
  3. 9ème Dan, 18ème Meijin honoraire, père de famille et plus généralement humain d’une gentillesse, d’une accessibilité et d’une humilité hors du commun.
  4. Les deux se sont d’ailleurs promis de remettre ça à la première occasion.
  5. Pour ceux qui ne voient pas de quoi je veux parler, un petit tour sur le net et vous trouverez des vidéos illustrant parfaitement le phénomène.
  6. D’où le lien avec le titre…

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